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dimanche 30 novembre 2014

Le roi des jeux

Le "roi des jeux" serait-il le plus ancien jeu intellectuel du monde ?
Cette séduisante idée a donné lieu à bien des hypothèses, aussi nombreuses que fantaisistes, quant à l'origine du jeu, jamais établie de façon certaine. Ainsi en trouverait-on des prémices dans l'Inde védique, 2000 ans avant Jésus-Christ. Le Bouddha lui-même aurait prêché contre la pratique du jeu le dimanche, 500 ans avant J.-C. ! Aujourd'hui, il est admis que les échecs ont bien fait leur première apparition en Inde, mais autour du VIe siècle de notre ère.
source: Le site de la BNF

De l'Orient vers l'Occident

Il est bien difficile de dater la naissance du jeu d'échecs. De la Chine à l'Égypte, il a existé dans tout l'Orient antique de nombreux "jeux de table" représentant un combat de pions à déplacer sur une sorte de damier. Où, quand et comment l'un de ces jeux s'est-il progressivement transformé pour donner aux échecs une date de naissance ?
C'est en Inde, à une époque assez récente, selon toute vraisemblance au VIe siècle de notre ère, que l'ancêtre des échecs est inventé : l'ancien jeu des "quatre rois" – le chaturanga. À la fin du VIe siècle, une ambassade indienne transmet le jeu en Perse.
La première véritable diffusion internationale des échecs, notamment vers l'Occident, sera alors assurée par l'expansion de l'Islam. En conquérant la Perse en 642, les Arabes font connaissance avec le jeu. Ils s'y adonnent avec passion et étendent sa pratique au fur et à mesure de leurs conquêtes. Vers l'ouest, le jeu traverse le Maghreb et la Méditerranée pour parvenir dans l'Espagne musulmane et atteindre l'Occident chrétien à la fin du Xe siècle. Vers l'est, les caravanes ont déjà porté le jeu jusqu'en Chine et au Japon. Au nord, les routes commerciales conduisent le jeu vers les populations scandinaves et russes à la fin du XIe siècle. Depuis l'Inde jusqu'en Espagne, l'élite de la société musulmane joue aux échecs dans tout l'Empire islamique à la fin du Xe siècle. Toute une littérature technique, allégorique et symbolique leur est déjà consacrée.
Au cours d'un tel voyage de quatre siècles, le jeu s'est profondément modifié. Chaque société l'a réinvesti de ses propres codes, faisant évoluer pièces et règles selon ses traditions. S'ils ont une même origine, les jeux indiens, chinois et japonais n'ont plus rien de commun avec les échecs occident.
source: le site de la BNF

Le jeu en Inde 2/2

A cette époque, l'Inde se trouve éclatée en de nombreuses principautés rivales qui luttent entre elles pour unifier le royaume. Transposition de ces guerres intestines, le jeu primitif se présente vraisemblablement comme une guerre de conquête. Il oppose quatre adversaires disposant chacun d'une armée de huit pièces : un roi, à la tête des quatre corps de l'armée indienne traditionnelle – l'éléphant, le cavalier et le char à l'arrière-garde ; quatre fantassins en première ligne.
Le jeu se pratique alors avec deux dés et laisse au hasard le choix des pièces à déplacer. Celles-ci se prennent les unes les autres. Le char traverse en ligne dans toutes les directions. L'éléphant avance de deux cases en diagonale. Le cavalier saute à droite et à gauche. Le pion se déplace case à case, promu en pièce majeure s'il atteint la dernière rangée opposée. Des alliances tactiques peuvent être nouées entre adversaires. Mais lorsqu'un joueur prend un roi rival, il annexe alors les pièces restantes aux siennes. La partie s'achève après que sont capturées les dernières pièces. Un décompte de points correspond au nombre et à la valeur des prises. S'il y a enjeu d'argent, les sommes sont réparties au prorata. Considéré comme le premier des jeux de guerre, le chaturanga fait l'objet des enjeux les plus divers. Il se répand aussi bien dans les antiques "maisons de jeu" de l'Inde ancienne que dans ses plus riches palais.
Selon l'hypothèse la plus répandue, la mutation du jeu aurait commencé en Inde même, lorsqu'il transite des principautés du Nord à celles de l'Ouest, fortement imprégnées par la culture et la raison grecques. Les dés sont supprimés, la réflexion remplace le hasard. Les enjeux d'argent ne laissent désormais plus la moindre chance aux piètres stratèges. Les armées de l'Est et de l'Ouest sont supprimées, les joueurs réunis par deux. Le combat réduit à un duel stratégique, un "ministre" remplaçant les rois déchus
C'est ainsi que le jeu est transmis en Perse vers le milieu du VIe siècle.
source: le site de la BNF